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 Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com

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emma21
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MessageSujet: Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com   Mer 18 Juin 2008, 19:33

et voilà une interview de clémence pour le site commeaucinema.com ou elle parle de son rôle dans la troisième partie du monde et de sa collaboration avec le réalisateur et les autres acteurs. Je vous fais la retranscription :

Quand avez-vous rencontré Éric Forestier ?

Il y a quatre ou cinq ans. À l’époque, Éric préparait un autre film qu’on devait faire ensemble, mais qui a été abandonné. Je me rappelle avoir passé de très longs essais, pendant lesquels je m’étais déjà rendu compte de la rigueur de sa direction d’acteurs.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans La Troisième Partie du monde ?

L’univers d’Éric, qui n’appartient qu’à lui, ce qui est plutôt rare. Rien que dans l’écriture du scénario, il y avait quelque chose de très singulier. Je suis arrivée assez tôt sur le projet, et je me souviens encore des premières versions du scénario, dans lesquelles la précision d’Éric et son sens du détail m’avaient frappée. On pouvait y lire des choses comme : « Emma boit son café. Ça prend du temps. Le temps que ça prend de boire un café sans se brûler. » Je n’avais jamais vu ça ! Et puis j’aimais beaucoup sa façon de styliser la vie.

Que raconte le film ?

Je dirais qu’Éric souhaitait parler du mal que l’amour peut faire, jusqu’au point où on a l’impression de faire disparaître l’être aimé – voire de disparaître soi-même. Emma est une fille à côté de la vie. C’est un personnage difficile à jouer. Mais ce scénario intrigant et la poésie d’Éric m’ont rassurée. Je savais qu’entre les mains d’Éric, je ne me retrouverais jamais seule avec mon personnage.

Emma donne l’impression d’être régie par ses seules pulsions. C’est quelqu’un d’assez insaisissable.

Oui. D’ailleurs, je me suis très vite dit que cette fille était comme une enfant. Ce qui est très perturbant, chez elle, c’est qu’elle n’a ni passé, ni racines. Elle n’a pas d’amis, pas de parents, pas de vie, elle fait un métier qui ne lui plaît pas. Elle n’a rien. Et pour une actrice, c’était difficile de se raccrocher à ce rien.

Du coup, vous avez inventé un passé à Emma ?

Cela ne servait à rien. Si je lui inventais un passé, ce n’était plus le même personnage. L’idée, c’était qu’elle ne soit pas centrée.

Elle semble totalement sidérée par les événements irrationnels dont elle est témoin.

C’est presque une sorcière malgré elle. Oui, elle ne le fait pas exprès, elle ne comprend pas ce qui se passe. Éric me disait que c’était une femme fatale, au sens littéral. Elle n’est pas dans la séduction, ce n’est pas une vamp, mais elle est fatale quand même.

Éric Forestier vous a-t-il parlé de ses références pour mieux vous aider à cerner votre personnage ?

Éric est un vrai cinéphile, quelqu’un qui aime profondément tous les cinémas. Au début, il me parlait du film de John Carpenter, Starman, pour le côté « extraterrestre » et enfantin d’Emma. Il m’a également montré des films de Hong Sang-soo. Il me faisait partir dans des directions très différentes.

Et sur le tournage, à quoi vous raccrochiez-vous pour jouer Emma ?

Au regard d’Éric, aux partenaires avec lesquels je jouais. Aux scènes elles-mêmes. Éric a une approche assez ludique du tournage, c’est un gamin, il s’amuse beaucoup. Sur le plateau, c’était souvent : « Tiens, si on faisait un truc comme ça, ça va être drôle. » C’est quelqu’un qui joue avec les contraintes, avec le fait de ne pas avoir le temps, avec les scènes qui ne lui plaisent pas complètement. Il est toujours en recherche, rien n’est gravé dans le marbre. Il est à la fois d’une grande précision et d’une grande ouverture.

Comment vous parlait-il de son film ?

Les rares fois où je lui ai demandé ce que son film racontait, il partait dans des réponses volontairement délirantes. Il m’a même lu des poésies d’une pseudo-comtesse anglaise du XIXe siècle, alors que c’était lui qui les avait écrites la veille. Éric passe son temps à plaisanter. Au bout d’un moment, on s’habitue. Et puis ce qui est beau, c’est que chacun peut se faire son idée du film. Moi, je me suis fait la mienne à la fin du tournage. Pas avant. Sur le plateau, je n’ai trouvé ma liberté qu’à partir du moment où j’ai arrêté de chercher, de vouloir comprendre où Éric voulait en venir. Du coup, j’ai vraiment vécu ce film comme une expérience à part. Je n’ai jamais tourné un film dans cet esprit- là.

Éric Ruf et Gaspard Ulliel sont deux frères de fiction très crédibles. Et dans la vie ?

Ils sont très différents. Éric est sociétaire de la Comédie- Française depuis quinze ans, il est passé par le Conservatoire, il a une base technique en béton. Et puis j’avais déjà travaillé avec lui sur Sans moi d’Olivier Panchot. On avait une seule scène ensemble, et j’étais sortie de là en rêvant déjà de retourner avec lui. Quant à Gaspard, que je ne connaissais pas, tout, avec lui, s’est fait de manière franche et naturelle. On a trouvé nos marques très vite. Et il m’émeut beaucoup à l’écran. Ce sont de grands acteurs. Et ils sont tous deux assez drôles, ce qui ne gâche rien.

La dernière séquence avec la jeune femme japonaise est particulièrement touchante. On a l’impression que les émotions qu’Emma a contenues pendant tout le film explosent.

La scène ne devait pas partir dans cette explosion sensible. Elle était écrite plus simplement. C’est toujours mieux, la simplicité. Lorsqu’on me fait comprendre, dans un scénario, que ce que j’ai à jouer va être difficile, je bloque sur la séquence trois semaines avant. Alors que là, on ne s’était pas tellement préparés, et c’est Éric qui, très doucement, très simplement, nous a raconté ce qu’il voulait dans cette scène. En parlant d’Emma, il m’a juste dit : « Elle se fend en deux. »

Maintenant que le film est fini et que vous l’avez vu, est-ce que le parcours d’Emma vous paraît plus clair ?

Je me suis fait mon idée. Personnellement, je vois Emma comme quelqu’un qui s’ancre au fur et à mesure. Qui fait une traversée vers la terre. Au fil du film, elle cesse d’être en visite, elle apprend à être là.

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MessageSujet: Re: Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com   Jeu 19 Juin 2008, 11:54

C'est super coool merci !

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MessageSujet: Re: Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com   Jeu 19 Juin 2008, 12:25

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MessageSujet: Re: Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com   Ven 20 Juin 2008, 20:04

Génial !
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MessageSujet: Re: Interview Clémence Poésy pour commeaucinema.com   

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